Le texte du lecteur - colloque international
   
  Colloque "Le texte du lecteur"
  ROGER
 

Le lecteur reconnaissant : la question  de l’intercesseur

 

« Un ouvrage, fait dire Proust à M. de Guermantes, est encore pour moi un tout vivant, avec qui je fais connaissance dès la première ligne, que j’écoute avec déférence, à qui je donne raison tant que je suis avec lui, sans choisir et sans discuter ».

Devant le tout formé et indivisible que constitue le texte d’une œuvre littéraire-  et que le lecteur doit reprendre toujours à son compte, l’impression qui prédomine,  malgré les ruptures ou les errances,  est la reconnaissance de ce tout en mouvement :  l’enjeu pour le lecteur ne consiste donc pas seulement à entendre des informations successives, mais la même « information » indéfiniment reprise sous diverses formes tout au long du parcours. Ou, plus précisément, sous le foisonnement des informations, ce que l’on peut appeler une « voix », sans laquelle la lecture s’effondrerait, puisque, en l’absence de toute situation de référence, c’est sur la seule autorité de cette voix irréductible que repose le texte.  Ce qui  vaut pour La Recherche du temps perdu vaut aussi pour des œuvres de puissance comparable  (William Faulkner) qui ont donné naissance en France à des vocations d’écrivains -  on en donnera quelques exemples à partir de  Claude Simon, Pierre Michon, Pierre Bergounioux, Richard Millet, tous lecteurs de Faulkner.

Relativiser, dissoudre, nier l’autorité d’une telle  voix – celle du « tout vivant » de l’œuvre - est certes dans l’air du  temps, où parler des livres qu’on ne lit plus est devenu un lieu commun.  Demeure entière la question de l’intercesseur qui, à la promotion scolaire de l’horizontalité libérale et toujours plus fractionnée des lectures,  oppose  la verticalité du chant.

 
   
 
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